Utiliser les bonnes pratiques de création et d’organisation des LUNs et volumes VMFS

Dans la série des bonnes pratiques de modélisation de votre infrastructure de stockage, le sizing de vos LUNs et volumes VMFS ne sera pas un élément bloquant de vos déploiements mais plutôt une tranquillité d’esprit quant à l’optimisation des moyens mis en œuvre pour rendre une installation plus facile et cohérente à administrer à long terme.

Déterminer les spécificités d’environnement

Pour cela, nous allons partir de préalables à déterminer selon vos besoins :

  • Nombre total de VMs
  • Taille moyenne (maximale) des VMs (en Go/To)
  • Taille totale de la baie de stockage (en To)
  • Pourcentage d’espace disque estimé réservé aux snapshots et au swap

Garder en tête les pratiques habituellement constatées

Chaque configuration révèle ses vérités et l’expérience que vous obtenez au fur et à mesure de vos déploiements peut radicalement vous faire changer de méthode. Néanmoins, il reste certaines recommandations jusqu’alors bien utiles :

  • On dépasse rarement 30 machines virtuelles par LUN pour garder une file d’attente disque raisonnable. Idéalement, on restera dans la dizaine.
  • On tente le plus possible de distinguer et de rapprocher en groupes les machines virtuelles de taille similaire : 0 à 100Go, 100 à 500Go etc…
  • On arrondit toujours la taille totale estimée à une valeur supérieure d’au moins 20Go
  • On utilise toujours des DataStores plutôt que des Raw Device Mapping (RDM), sauf si l’on désire présenter des volumes de plus de 800Go.
  • VMFS3 supporte des volumes allant jusqu’à 64To donc vous n’avez pas à vous inquiéter d’un quelconque bridage technique.

Simuler une taille de volume

Comme il n’existe pas de taille idéale par définition, nous allons partir de valeurs de test pour effectuer notre exemple de modélisation :

  • Nombre total de VMs : 112
  • Taille moyenne (maximale) des VMs : 50Go pour 102 machines (soit une taille totale de 5,1To) et 3 VMs à 1To (soit une taille totale de 3To)
  • Taille totale de la baie de stockage : 10To
  • Pourcentage d’espace disque estimé réservé aux snapshots et au swap : 20

La formule mathématique qui en découle est donc très simple :

Nombre total de VMs x Taille moyenne (maximale) des VMs + 20% = Taille du volume

Comme dans notre configuration test nous nous retrouvons avec de nombreuses machines virtuelles – qui plus est hétérogènes – et que nous désirons suivre les bonnes pratiques et recommandations, nous allons créer les volumes en conséquence. Attention, ce n’est pas compliqué mais il faut être attentif avec la succession du raisonnement logique :

  • 102 VMs x 50Go + 20%6120Go > comme on préfère travailler avec des datastores et qu’ils ne doivent pas dépasser 800Go, on divise donc 6120 par 800, ce qui donne 8 datastores de 800Go (6,4To au total) .
  • 3 VMs x 1To + 20% = 3,6To > comme nos disques dépassent 800Go par machine, on crée un RDM pour chacune, ce qui donne 3 RDM de 1,5To (4,5To au total) au lieu de 1,2To normalement car avec des machines de cette taille, on surévalue par précaution le sizing en prévoyant des snapshots gourmands qui traîneraient et grossiraient bien plus vite qu’avec de petites machines virtuelles…

J’insiste sur le fait que ce n’est pas un calcul très complexe mais tout de même fin et très emprunt d’une dose de vécu qui vous fera adapter intelligemment chaque paramètre pour satisfaire au mieux votre déploiement. Rappelez-vous enfin que la concaténation de LUNs existe (MetaLUN) et que vous n’avez aucune raison de vous en priver. De même, si vous passez d’un environnnement Virtual Infrastructure à vSphere, aucun problème étant donné que le VMFS de vSphere, en version 3.33, est totalement compatible avec la version 3.31 de Virtual Infrastructure.

Rester lucide sur son travail

Voilà, votre modélisation est désormais argumentée et sérieuse. Cependant, n’avez-vous rien remarqué de bloquant ? 6,4To + 4,5To font 10,9To. Or, votre baie ne fait que 10To ! Pourtant vous ne pouvez pas avoir plus d’espace disque. Vous êtes donc confronté à une réalité tout à fait opérationnelle : il va falloir faire « comme vous pouvez », en prenant soin de respecter au mieux les bonnes pratiques tout en faisant avec les contraintes techniques du client. C’est là que vont entrer en jeu votre imagination et votre expertise, sachant que travailler avec une baie aussi pleine n’est pas serein, ne serait-ce que vis-à-vis du blocage immédiat que vous allez rencontrer concernant la création de nouvelles VMs ou l’extension à prévoir des VMDK déjà en production.

Bon courage !

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  1. #1 par sylvain le 30 août 2010 - 10 h 46 min

    Bonjour,

    petite question: pourquoi ne pas dépasser 800 Go lorsqu’on utilise des datastores?

    cela veut dire qu’il est conseillé de créer au maximum des LUN de 800 Go ?

  2. #2 par Aurélien le 30 août 2010 - 10 h 53 min

    Bonjour,

    Il n’est pas interdit de dépasser ce volume, d’autant plus que c’est techniquement faisable. Néanmoins, c’est juste une bonne pratique habituellement constatée et qui a fait ses preuves. Au-delà, on utilise de préférence un Raw Device Mapping (voir le PDF comparatif VMFS/RDM sur le site de VMware, à la base créé pour ESX 3.x mais toujours d’actualité…).

    Aurélien

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